After affect

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Si je n’ai pas fait d’articles ici pendant quelques jours et si il y a eu une sorte d’interruption des programmes un peu partout sur mes réseaux sociaux, c’est en signe de deuil, de respect, de tristesse, ce qu’on appelle communément UN SILENCE. Ces derniers jours, certains ont eu besoin de parler, d’autres d’afficher leur affliction, ou de s’établir en « leader du bon goût » (Vous devez / vous ne devez pas…), d’autres encore de twitter l’info minute par minute, dans ces cas là, je crois que chacun réagit comme il peut, comme sa sensibilité, son éducation et sa culture le lui permettent. Moi j’ai eu besoin et envie de me taire.

noir

La Liberté, L’Art, l’Humour et bien d’autres valeurs ont été attaqué le 7 janvier 2015, ça fait beaucoup en un seul jour. Nous étions tous complètement sous le choc, même encore aujourd’hui. Je n’ai pas envie d’afficher ma peine, ni de la partager, j’ai vécu ça avec M.Happy, (artiste dessinateur), puis on s’est retrouvé vendredi soir avec des copains autour d’un concert et ça a fait du bien de constater qu’on était tous aussi dévastés.

Les jours qui ont suivi ont été tout aussi surréalistes d’horreur, mais hier dimanche 11 janvier 2015, nous avons montré notre détermination à vivre ensemble, avec nos différences et quoi qu’il en coûte, c’est qui me semble le plus important aujourd’hui, et ce qui nous permettra d’avancer demain.

Maintenant, il s’agit de reprendre le cours des choses et de la vie, en essayant de faire pousser les quelques graines d’espoir qui ont germé sous ce tas de merde… Nous sommes les jardiniers de ce terreau plein de fumier, à nous de cultiver les fleurs de la culture, de la tolérance et du partage et d’arracher les mauvaises herbes de l’intolérance et de la connerie… A nous, tous les jours de préparer le terrain pour le rendre encore plus fertile. Ce n’est pas la charge des humoristes ou des auteurs de presse, c’est la nôtre, au quotidien. J’espère que nous aurons l’intelligence de laisser perdurer ce sentiment collectif de rassemblement dans notre vie de tous les jours, j’espère que la détresse n’est pas notre seul motif d’être ensemble.

Il me paraissait difficile de reprendre le cours des choses ici sans ces quelques mots bien inutiles, mais je ne pouvais tout simplement pas de nouveau m’adresser à vous comme si rien n’était arrivé.

 

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